Mercredi, Hugo Lloris et Baky Koné se sont télescopés à pleine vitesse. Un geste que José Anigo a comparé dans l'émotion, et sans doute abusivement, à celui d'Harald Schumacher sur Battiston en 1982.
Un flash dans la nuit. Mercredi, la mémoire de José Anigo a fait un grand travelling arrière de près de 27 ans et est remontée jusqu'en 1982. En juillet. Le 8 exactement. A Gerland, il a revu dans sa tête Harald Schumacher, gardien de la RFA de l'époque, « exploser » Patrick Battiston lors de la demi-finale de la Coupe du Monde espagnole. Harald Schumacher, maillot rouge et short noir, lancé à toute vitesse avait percuté violemment avec son fessier le visage d'un Patrick Battiston qui venait de tirer à côté sur une ouverture de Michel Platini. Ce fait de jeu, qui a marqué tant d'esprits et qui causa même des remous entre la France et la République Fédérale d'Allemagne, les obligeant à rédiger « un communiqué commun pour dédramatiser la situation* », était sans doute volontaire. Il s'inscrivait dans une longue série de provocations, de gestes d'antijeu du gardien allemand face aux attaquants français, au cours de cette demi-finale légendaire. Schumacher, déclarera sans rire ensuite : « Si vraiment ça peut lui faire plaisir, je lui paierai les frais de dentiste. » Par la suite, Schumacher s'excusera vraiment et Battiston pardonnera. Pour José Anigo, le geste de Lloris sur Baky Koné, mercredi en Coupe de France, serait de la même veine.